lundi 7 janvier 2019

David Zaoui & Sois Toi-Même, Les Autres Sont Déjà Pris.


Bonjour mes ami(e)s, voici ma chronique.




Quatrième de couverture. 


« As-tu pensé, Alfredo, à ce que sera ta vie si tu ne parviens pas à percer dans cette voie qui est la tienne ? Que deviendras-tu ? Chauffeur routier, vendeur de cartes de visite, slameur ? Que pourrais-tu devenir  ? Tu ne sais rien faire. »

Dans une HLM de banlieue, vivant sur le même palier que ses parents juifs italiens, Alfredo Scali est un loser au grand cœur qui se rêve artiste. Mais pas n’importe lequel ! Alfredo peint «  l’inconscient des animaux à travers leurs rêves » : celui des ours bipolaires et des crabes kleptomanes, entre autres...

Entouré d’un père soigneur dans un zoo et d’une mère qui prépare inlassablement des pâtisseries, d’une grand-mère foldingue atteinte d’Alzheimer, d’une touriste italienne aussi ensorcelante qu’inaccessible et d’un conseiller Pôle Emploi spécialisé dans les jobs neurasthéniques, sa vie d’artiste pleine de doutes et d’espoirs paraît sans issue. Tout va changer lorsque Alfredo va hériter… de Schmidt, le singe chargé d’assister sa grand-mère. Ce capucin malicieux, dressé pour aider les personnes dépendantes, va bouleverser la vie du héros, ainsi que sa peinture...

De Pantin à Montmartre, d’une friterie belge tenue par un drôle de rabbin aux plages paradisiaques de Saint-Domingue, ce roman tendre et déjanté vous entraînera sur les traces d'un artiste prêt à surmonter tous les obstacles pour atteindre son idéal.


Mon avis.

David Zaoui est un écrivain inclassable. Ses romans sont des antidépresseurs qui devraient être prescrits et consommés sans modération. 😉

Ayant lu son premier roman "Je suis un tueur humaniste" (chronique, voir libellés David Zaoui), j'ai été honorée de pouvoir découvrir, en avant-première, ce second opus, qui est édité par l'une des Maisons d'édition les plus prestigieuses , JC Lattès.

On peut dire que depuis ce premier roman, le chemin parcouru est impressionnant. 
Entre être autoédité et être édité, il a fallu batailler chaque jour. Grâce à sa dextérité et sa persévérance, sa plume a fini par être reconnue comme telle.

Mais revenons à notre lecture.

Alfredo Scali est un artiste peintre, qui se cherche professionnellement et socialement parlant. Il vit seul dans un HLM sur le même palier que ses parents.
Chômeur, il aimerait vivre de sa passion " la peinture ", mais son conseiller à Pôle Emploi ne l'entend pas, ne l'écoute pas et ne le voit pas.... Les emplois que lui propose son conseiller, Bernard Bubard, sont temporaires et non adaptés. Bien évidemment, les offres d'emploi dans son domaine de prédilection sont inexistantes et les galeristes ne se battent pas pour exposer les toiles de l'artiste peintre que du contraire.

Le monde d'Alfredo est en décalage avec le monde réel. Son entourage est heureusement là pour lui, à commencer par sa grand-mère, qui commence à développer la maladie d’Alzheimer, ses parents, ses amis et Schmidt...un singe capucin qui a été dressé pour aider sa grand-mère au quotidien.

La rencontre avec Schmidt va bouleverser la vie d'Alfredo en lui faisant prendre conscience que.... 💭

Chuuuut 💬😶...impossible d'en dire plus sans spoiler et ce n'est pas le style de la maison!

Comme je l'ai susmentionnée, David a cette verve qui lui est si particulière.
En ouvrant ce roman, vous allez sourire.
Vous allez peut-être vous reconnaitre dans certaines scènes.
Vous pourrez même être émus et avoir les yeux embués. N'en soyez pas étonnés.
Le cocktail des ressentis confectionnés par David opère avec une certaine quiétude et bienveillance.
Alors, laisser les mots vous bercer, vous transporter et vous captiver sans retenues.
L'auteur jongle avec l'ironique et le comique, telles des notes de musique sur une partition. L'orchestre des émotions est à l'unisson ainsi que celui des sentiments.
David a cette justesse d'esprit qui parvient à mêler l'humour, la sensibilité et la dure réalité de la vie, qui est parfois injuste, sans jamais être sempiternel.
Cette hétérogénéité offre un texte d'une grande humanité et d'un profond altruisme.
Mais, le plus important est de croire en soi, en ses rêves, et de ne pas devenir la pâle copie de quelqu'un....

Bref, ce nouvel opus est une réussite bourrée d'allégresse et de vie avec une bonne dose d'humour et de chaleur humaine.

Merci aux éditions JC Lattès pour l'envoi.


L'auteur 





Nationalité : France 

Né(e) : 1977
Biographie : 


David ZAOUI est né en 1977 en banlieue parisienne. Il a travaillé comme réalisateur et producteur dans le cinéma pendant plusieurs années, notamment aux États-Unis. Il a suivi les cours Florent pendant 4 ans où il a découvert la mise en scène. Lauréat du Festival du premier roman de Chambéry, il se consacre aujourd’hui à l’écriture. Son nouveau roman est à paraître en 2019 aux éditions Jean-Claude Lattès.



Détails du produit

  • Broché: 288 pages
  • Editeur : JC Lattès (30 janvier 2019)
  • Collection : Littérature française
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2709663996
  • ISBN-13: 978-2709663991


samedi 5 janvier 2019

Mon Ombre Assassine d'Estelle Tharreau


Bonjour mes ami(e)s, voici ma chronique. 




Quatrième de couverture.

En attendant son jugement, du fond de sa cellule, Nadège Solignac, une institutrice aimée et estimée, livre sa confession. Celle d'une enfant ignorée, seule avec ses peurs. Celle d'une femme manipulatrice et cynique. Celle d'une tueuse en série froide et méthodique. Un être polymorphe. Un visage que vous croisez chaque jour sans le voir. Une ombre. 
Une ombre assassine.


              


Mon avis,

Estelle Tharreau est une auteure que je connais livresquement parlant. Ayant lu deux de ses  précédents romans " l'Impasse et Orages " on peut dire que c'est avec une certaine impatience, que j'attendais son nouvel opus.

Dès réception de celui-ci, mon encéphale n'avait qu'une hâte, se nicher au coin du feu, avec un bon verre de vin rouge et mon pré-ci-eux, ma liseuse. 😉


Nadège Solignac ou la naissance d'une hydre.

Personnage hétéroclite, Nadège vous relate sa vie à la première personne du singulier.
Sans le moindre filtre, elle vous narre sa misérable enfance et sa double vie actuelle. 
Rien ne vous sera épargné, y compris l'incommensurable sadisme d'une mère envers sa progéniture.
Dès sa plus "tendre" enfance, et, c'est un euphémisme, Nadège est le souffre-douleur de sa génitrice.
Entre l'ignorance et l'indifférence de son père et la haine perverse de sa procréatrice, Nadège évolue dans cette famille ou l'animosité y règne en maitre absolu. 
Seule, elle apprend, déchiffre et décode le manuel de la vie avec comme unique protection, son instinct, qui se développe, tel un animal sauvage. 
Jusqu'au jour où tout bascule. 

À travers les auditions, l'enquête, les flashbacks et l'attente du jugement, Nadège, institutrice aimée de ses collègues et de ses élèves, reconnue par ses pairs, œuvre avec son avocate, pour sa remise en liberté.


Le style

Les chapitres sont concis et vont droit à l'essentiel, ce qui donne à votre lecture une certaine aisance de rapidité. Les rôles sont parfaitement répartis et les personnages apportent et  procurent une uniformité du réel hautement convaincante. Chacun des protagonistes pose son empreinte sans aucune difficulté d'identification.
Votre encéphale visualise les scènes qui se succèdent les unes après les autres à une allure effrénée.

Le personnage de Nadège est, à lui seul, d'une tangibilité stupéfiante qui vous cryogéniserait sur place! La puissance avec laquelle l'auteure a fomenté son interprète est machiavéliquement prodigieuse. Vos ressentis, envers cette hydre, seront soumis à rudes épreuves. L'empathie flouera votre logique inéluctablement.
La tension et le suspens y sont constants avec en prime cette atmosphère poisseuse et repoussante. 
Malgré les faits ignominieux que Nadège vous relate, avec une froideur désarmante, votre réflexion vous incitera à vous poser certaines questions. Cependant, même en sachant assurément qu'au final, les circonstances du passé ne peuvent justifier un tel déchainement de violence qui, par omission, donnerait le droit à une vengeance irrécusable, votre discernement en sera obscurci.

L'allégorie suit un schéma narratif à une voix, celle de Nadège qui, dois-je l'avouer, m’a décontenancé, tant par sa personnalité que par son abjection.
Retrouver la stylistique du phrasé de l'auteure a été jubilatoire.
Sa plume est d'une extrême justesse avec cette originalité qui lui est propre.

Estelle Tharreau vous subjugue par son sens inné du tragique et du dramatique avec une désinvolture déconcertante qui suscite l'appétence chez les serials lectrices comme moi.
Précision de la plus haute importance, je vous suggère de vous attarder sur les notes préliminaires de ce nouvel opus qui m'ont, comment dire....😱....donné des sueurs froides que j'ai senties passer le long de mon échine.
Il était 23h10 et j'avais pour ainsi dire, la gorge sèche.
Je me suis surprise à regarder sous mon lit.
À écouter le moindre bruit.
D'ailleurs, le silence en devenait suspect....
En conclusion et en préambule à ma lecture, j'avais déjà mon trouillomètre qui ne cessait d'augmenter. Oui, oui, j'attends d'ici votre pensée, " ça commence bien " 😨


Bref, vous l'aurez compris, ce nouvel opus est un concentré de talent et un pur régal pour les cinglés de thriller. Estelle se bonifie au fil de ses romans, tel un vin millésimé, elle vous offre tous les arômes pour que votre dégustation livresque soit la plus captivante et envoutante possible.

Merci aux éditions Taurnada pour l'envoi. 



L'auteure




Biographie : 

Passionnée de littérature depuis l'adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu'elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l'envie d'écrire. Ayant travaillé dans le secteur public et privé, elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l'écriture.


Description du produit

  • Format : Format Kindle et Poche
  • Taille du fichier : 484 KB
  • Nombre de pages de l'édition imprimée : 217 pages
  • Editeur : Taurnada Éditions; Édition : 1 (17 janvier 2019)
  • Vendu par : Amazon Media EU S.à r.l.
  • Langue : Français
  • ASIN: B07KPMMM6G


mercredi 28 novembre 2018

Apocryphe & René Manzor


Bonjour mes ami(e)s, voici ma chronique.




Jérusalem. An 30. 
Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix. 
Son nom est David de Nazareth, et ceci est son histoire.






Mon avis,

En regardant la bande-annonce " d'Apocryphe ", je me suis dit " houuu, celui-là, direct dans ma PAL, mais....à lire d'urgence ". 😉
C'est donc illico que mes yeux se sont penchés sur ce nouvel opus. 

René Manzor "revisite", à travers les yeux de David de Nazareth, fils "cabalistique" de Yoshua de Nazareth, un passé controversé qui, depuis des millénaires, oppose les uns et les autres sur la vie d'homme (et/ou fils de Dieu) et surtout la mort de Yoshua de Nazareth. 
En d'autres termes "Jésus". 

Apocryphe n'est en rien une guéguerre pompeuse entre les fondements mêmes de la religion chrétienne et les irréductibles qui croient, dur comme fer, que Jésus est le fils de Dieu et non un simple prophète certes..., mais mortel, qui aurait pu avoir une descendance. 
Style, le Da Vinci Code. 
Non, nous sommes ici avec une allégorie mystique qui apporte un souffle énigmatique sur la vie d'un enfant au futur plus qu'incertain, de par sa lignée de naissance. 

Les faits;

Rome "La toute-puissante Rome" a le monde à ses pieds. 
Sous le règne de Tibère et Caligula, qui lui succéda, la vie des Juifs est un enfer au quotidien.
Ponce Pilate, procurateur de Judée, sacrifie, torture et crucifie les juifs qui refusent de se soumettre à l'occupant pour la grandeur de Rome! 
En ce temps-là, être prédicateur était voué à une mort certaine et Joshua de Nazareth en a payé le prix fort.
David de Nazareth, 7 ans, voit son père mourir sur la croix. 
Commence alors, pour David et sa famille, une vie d'exil.


Le style;

René Manzor a eu un culot de dingue en s'attaquant  à cette théorie biblique extrêmement délicate. Mais, il l'a fait, et avec brio par-dessus le marché.
Cette idée de nous narrer la vie de David de Nazareth m'a stupéfiée. 
En effet, l'intelligence et le génialissime de l'auteur ont été de nous présenter une fiction poignante en évitant les partis-pris cinglants et inutiles.

Le travail de recherche est impressionnant et colossal puisque certaines sections sont authentiques. 
De plus, l'auteur n'a pas lésiné sur sa méthodique en alliant le réel des écrits à celui du chimérique. 

Les mots prennent vie, les personnages se schématisent, la scénarisation se matérialise en vous transportant jusqu'en Palestine du Ier siècle. 
Les scènes s'enchainent, plus spectaculaires les unes que les autres. 
Les décors sont à la hauteur de l’exubérance et de l'outrance des oppresseurs romains.
L'auteur, tel un virtuose de la musique, vous achemine dans les méandres d'un passé virtuellement parallèle à celui d'un hypothétique vécu. 
Vous visualisez cette excellente fresque sur grand écran et la magie opère.

Les personnages sont attachants et fascinants de réalisme, comme Longinus et Farah que j'ai affectionnée tout particulièrement. 
Je me suis fondue dans cette épopée symbolique et mes ressentis ont été multiples. 
La puissance des émotions était telle que, par moments, je devais reprendre mon souffle. 
L'auteur a scénographié ses protagonistes en les rendant les plus réels possible. Ils sont fouillés et génialissimement conceptualisés grâce à une profondeur déconcertante. 
Pour certains, malgré leurs faits immuables, votre empathie sera au paroxysme du doute. Les détester sera pour vous d'une logique inéluctable, mais elle remettra en cause votre jugement. 

La stylistique et la phraséologie de cette genèse suivent un schéma cadré et concis qui ne laisse aucune place à la redondance. Le dramatique et le tragique sont étudiés judicieusement pour atteindre la quintessence de l'empathie et de la commisération sans être pléthoriques. 

Bien évidemment, des questions se posent et une, notamment, me taraude depuis que j'ai refermé ce sublime thriller historique.

La quête de la vérité est-elle si importante ?
Au regard de ce passé troublant, comment justifier et authentifier les écrits des évangélistes qui ont été rédigés, 2 voire 3 générations, apr. J.-C.... Donc, comme le précise l'auteur,  ils n'ont pas connu Joshua de Nazareth. D'où le doute...

Pour l'auteur, le moteur de ce récit est tout simplement l'envie de coucher sur papier ses ressentis, ses idées et ses doutes sans jamais être maladroit ou critique. 



En conclusion; 

Bref, voici un thriller historique qui vous sortira de vos habitudes thrilleristiques avec comme Maitre scénariste, le talentueux, René Manzor. 
Voir cette allégorie sur grand écran serait à méditer. 
N'est-ce pas monsieur Manzor!👀




L'auteur 







Nationalité : France 

Né(e) à : Mont-de-Marsan , le 04/08/1959
Biographie : 

René Manzor, nom de plume de René Lalanne, est un réalisateur, scénariste et écrivain français.

Il est le frère de chanteur Francis Lalanne (1958) et de compositeur Jean-Félix Lalanne (1962).

Il débute sa carrière par la réalisation de quelques courts métrages, dont "Synapses" qui remporte le Grand prix au Festival international du jeune cinéma de Hyères. En 1986, il sort son premier long métrage, "Le Passage", un film fantastique avec Alain Delon (également producteur).

Après avoir participé à deux épisodes de la série télévisée "Sueurs froides", il met en scène son deuxième long métrage, le thriller "3615 code Père Noël" (1990). 

À la télévision américaine, il a signé la réalisation de plusieurs épisodes de série comme "Le Voyageur" (The Hitchhiker), "Highlander", "Band of Brothers", "Les Aventures du jeune Indiana Jones".

Il revient en France et au cinéma avec la comédie fantastique "Un amour de sorcière" (1997), avec Vanessa Paradis, Jeanne Moreau et Jean Reno.

En 2003, il sort son quatrième film, "Dédales", avec Lambert Wilson et Sylvie Testud. Il travaille ensuite uniquement pour la télévision. 

En mai 2012, il publie son premier roman "Les Âmes Rivales". Suivront "Celui dont le nom n'est plus" en 2014, "Dans les brumes du mal" en 2016 et "Apocryphe" en 2018.





Détails du produit,


  • Broché: 400 pages
  • Editeur : Calmann-Lévy (3 octobre 2018)
  • Collection : Suspense Crime
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2702164250
  • ISBN-13: 978-2702164259


jeudi 18 octobre 2018

L’Égarée & Donato Carrisi


Bonjour mes ami(e)s, voici ma chronique.  





Quatrième de couverture

un labyrinthe secret plongé dans l’obscurité.
un bourreau qui y enferme ses proies.
une victime qui parvient à s’en échapper, mais sans le moindre souvenir.

un effroyable combat pour retrouver la mémoire, et une enquête à hauts risques pour traquer celui qui continue
à agir dans l’ombre...



Mon Avis

L’Égarée, sonne la fin d'une trilogie qui a commencé avec " Le Chuchoteur " suivi  de " L’Écorchée ". Cette trilogie peut se lire aisément séparément sans que cela altère votre compréhension du texte. 
Cela dit, je vous conseille fortement de vous jeter sur le premier opus " Le Chuchoteur " qui a été, pour moi, une pyramidale découverte. 


Mais revenons à notre lecture qui se visualise sur deux époques distinctes.


Synopsie

Samantha 13 ans, jeune lycéenne, disparait sur le chemin du lycée sans laisser la moindre trace ou le plus infime indice. 

15 ans après, une jeune femme est retrouvée au détour d'une route, complètement nue et terrifiée avec une jambe cassée. Dès son arrivée aux urgences, celle-ci est prise en charge et est identifiée. Elle serait Samantha Andretti. Mais la patiente présente une pathologie de stress post-traumatique abyssale. 


Les faits.

Commence alors, pour le docteur Green, spécialiste et profiler en criminologie psyché, une traque impitoyable dans toute la complexité et les méandres du cerveau de Samantha qui cache des indices primordiaux pour déchiffrer et traquer un psychopathe pervers narcissique qui a détenu celle-ci dans un labyrinthe pendant 15 ans.
En parallèle, Bruno Genko, détective privé aux méthodes peu orthodoxe, qui avait été engagé à l'époque par les parents de Samantha, reprend l'enquête pour assouvir une rédemption,  mais le temps lui est compté. La grande faucheuse a lancé son compte à rebours et avec la mort on ne négocie pas. 


Le style.

Donato Carrisi nous offre un thriller noir digne des plus tordus du genre et je pèse mes mots en disant cela!
Quel plaisir de retrouver cette patte diaboliquement maitrisée par une phraséologie à couper au scalpel. En effet, la stylistique du phrasé est à elle seule une quintessence du professionnalisme de ce virtuose du thriller. 
Les personnages sont ciselés et millimétrés par une précision et une dextérité du détail qui ne laisse aucune place au hasard. 
La genèse est savamment conceptualisée par une scénarisation magistrale. 
Chaque mot est judicieusement aposté et vous dirige avec une effronterie, du côté obscur du mal absolu. Vous pensez être le pilote de votre lecture...alors qu'en y regardant de plus près c'est l'auteur qui vous transborde et vous manipule à sa guise comme l'a été Samantha.

Donato Carrisi suit un schéma narratif à trois voix, sous-jacent une quatrième qui est subtilement en latente, enfin, c'est ce qu'il veut nous faire croire...où bien l'est-elle vraiment? Là est la question. 
La manipulation mentale est un art et une arme démoniaque à qui sait en tirer parti et profit.
Mais dites-vous bien que les obstacles, les faux-semblants, les simulacres seront les maitres mots tout au long de votre  lecture. Posez-vous les bonnes questions! 


Bref, un page-turner parfaitement cadré et extrêmement addictif qui réjouira et comblera les accros du genre comme moi. 😉
Je tiens à réitérer mes remerciements à les Editions Calmann-Levy  pour l'envoi de ce thriller et pour leur confiance. 



L'Auteur







Nationalité : Italie 

Né(e) à : Martina Franca , le 25/03/1973

Biographie : 


Donato Carrisi est un romancier, journaliste, dramaturge et scénariste italien, auteur de roman policier.


Juriste de formation, spécialisé en criminologie et sciences du comportement, il délaisse la pratique du droit en 1999 pour se tourner vers l’écriture de scénarios. Il est l’auteur d’une thèse sur Luigi Chiatti, le "monstre de Foligno", un tueur en série italien. 

"Le Chuchoteur" (Il suggeritore, 2009), son premier roman, s’est vendu en France à plus de 300 000 exemplaires, a été traduit dans vingt pays et a remporté plusieurs prix littéraires, dont le prix SNCF du polar européen 2011 et le prix des lecteur Livre de Poche 2011.

Après "La fille dans le brouillard" (La ragazza nella nebbia, 2015), un thriller un peu plus classique, Donato Carrisi, renoue avec la série mettant en scène ses enquêteurs Marcus et Sandra dans "Tenebra Roma" (Il maestro delle ombre, 2016). 


Quelques récompenses viennent conforter le talent de Donato Carrisi: le Prix Camaiore, le Prix Il Belgioso, le Prix Bancarella 2009 (déjà attribué à Ernest Hemingway, Michael Connely, Ken Follett) et enfin le Prix Mediterraneo del Giallo y del Noir.

Donato Carrisi est également dramaturge, scénariste pour la télévision et un collaborateur régulier du quotidien milanais Corriere della Sera.

En 2017, il réalise son premier film, "La fille dans le brouillard" (La ragazza nella nebbia), qui est une adaptation de son roman éponyme, et pour lequel il remporte le prix du meilleur réalisateur débutant lors de la 63e cérémonie des David di Donatello en 2018.

Depuis 2018, il enseigne l'écriture à l'Université libre des langues et de la communication (IULM) à Milan. 


sites : 

http://www.donatocarrisi.it/

http://www.donato-carrisi.fr/

Twitter : https://twitter.com/donatocarrisi 



  • Détails du produit 
  • Broché: 336 pages
  • Editeur : Calmann-Lévy (3 octobre 2018)
  • Collection : Suspense Crime
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2702157386
  • ISBN-13: 978-2702157381


mardi 12 juin 2018

Débâcle & Lize Spit


Bonjour mes ami(e)s, voici ma chronique.






Quatrième de couverture,

A Bovenmeer, un petit village flamand, seuls trois bébés sont nés en 1988 : Laurens, Pim et Eva. Enfants, les "trois mousquetaires" sont inséparables, mais à l'adolescence leurs rapports, insidieusement, se fissurent. Un été de canicule, les deux garçons conçoivent un plan : faire se déshabiller devant eux, et plus si possible, les plus jolies filles du village. Pour cela, ils imaginent un stratagème : la candidate devra résoudre une énigme en posant des questions ; à chaque erreur, il lui faudra enlever un vêtement. Eva doit fournir l'énigme et servir d'arbitre si elle veut rester dans la bande. Elle accepte, sans savoir encore que cet "été meurtrier" la marquera à jamais. Treize ans plus tard, devenue adulte, Eva retourne pour la première fois dans son village natal. Cette fois, c'est elle qui a un plan...



Mon avis

Il était dans ma PAL et je n'avais qu'une hâte, découvrir ce roman de cette auteure belge,

Lize Spit. 

Voici le "roman" qui fait couler beaucoup d'encre et pour plusieurs raisons;

1) Sa couverture; assez controversée (pour certains)
2) Sa quatrième de couverture, ambigüe (toujours pour certains)
3) Sa thématique, à ne pas mettre entre toutes les mains. Certes! 

4) Le succès immédiat et fulgurant en Flandres, Belgique et Pays-Bas.
5) Les droits de traduction, achetés par les Éditions Actes Sud, pour une auteure belge!
6) La maturité littéraire de l'auteure, en un mot "stupéfiant"  elle n'a que 26 ans à l’écriture du roman! 


En ce qui me concerne, rien ne me choque, la couv' résume assez bien la quatrième de couverture et je la trouve parfaitement cohérente vu le sujet traité. Ceci étant dit, après lecture, le titre original Het smelt (La Fonte, en français) me parle plus, ainsi que la couv' originale. Vous dire pourquoi, cela m'est impossible sans spolier l'intrigue et cette pratique n'est pas du tout la marque de fabrique de la maison. 😉


Voici la couv' originale. Je vous laisse en juger par vous-même. 👇 






Mais revenons à notre lecture qui se visualise sur trois époques distinctes.


1988. 

Naissances de trois bébés cette année-là, Éva, Pim et Laurens, dans ce petit bourg flamand (Belgique) où tout le monde se connait et se côtoie.   
L'amitié des trois enfants s’amplifie de jour en jour.   
Le contexte familial d’Éva se disloque et engendre petit à petit l'éloignement de la fillette de ses parents. 



2002. 

L'année de tous les dangers. 
Le trio, devenu inséparable, est aux portes de la puberté et s'ouvre aux jeux et aux idées de la sexualité.
Une idée et un jeu qui vont s'avérer destructeurs dans tous les sens du terme. 
La cruauté et la férocité de l'adolescence dans toute sa "splendeur" innommable.



2015

Éva, vivant à Bruxelles maintenant, reçoit une invitation pour commémorer le souvenir de la mort de Jan, frère de Pim. 
Après une légère hésitation, Éva décide de retourner vers un passé ou le présent restera déterminant pour le trio infernal.  
Le mal, qui macérait dans l'esprit d’Éva depuis cette maudite année 2002, va enfin pouvoir s'exprimer. 



Le style,


L'auteur suit un schéma narratif à la première personne du singulier et sans langue de bois. Rien ne vous sera épargné. 
Éva, personnage féminin principal, vous narre sa vie avec une éloquence et une verve à couper le souffle. 
Le premier quart du roman est, comment dire.....formulé et exprimé très radicalement. 
Lize Spit a cette intelligence de la scénarisation et vous embarque judicieusement dans les abysses de cette pseudo-amitié infernale. 
Sans rentrer dans le sordide de bas étage, l'auteure aborde certains sujets très sensibles comme, les idées reçues, fortement imprégnées et intégrées dans ces villages ruraux ou tout se sait, mais ou le silence règne en maitre absolu. 
Autre thème délicat, l'adolescence, est évoquée avec un sang froid jupitérien qui vous bouscule, contrarie, dérange et remets en cause vos émotions et ressentis. 

En effet, je dois dire qu'il m'a fallu plusieurs jours avant de pouvoir accoucher de cette chronique tant les tonalités du texte m'ont ébranlée. Pourtant je ne suis pas une novice en la matière et ce genre de lecture est courante, mais comme je l'ai susmentionnée, la scénarisation et la stylistique de certaines scènes sont telles que la réalité transcende votre esprit et vous êtes transbordées dans ce passé sans pouvoir interagir. 

Les personnages sont creusés et d'une profondeur déconcertante. Chacun tient son rôle avec justesse et authenticité.
La thématique, l'intrigue, la formulation et la genèse sont géniallissimement pensées et d'un culot magistral. 
Bien évidemment, ce roman n'est pas à mettre entre toutes les mains. Certes, mais l'auteure a eu l’intelligence de rester indubitablement sincère et intègre. 
La maturité littéraire de l'auteure m'a stupéfiée par une maitrise du phrasé digne des meilleurs auteurs du genre. 
Après lecture, je me suis renseignée sur Lize Spit et jamais je n'aurais imaginé que l'auteure de ce roman n'avait que 26 ans, jamais! Je pensais sincèrement que la romancière  frôlait la quarantaine. Comme quoi le talent n'a pas d'âge. 


Bref, un thriller sombre, poisseux et dérangeant qui ne vous laissera pas indifférents tant par son côté insolent et audacieux, que par sa plume, abrupte et corrosive à souhait. 

Hâte de découvrir le suivi de cette auteure belge 📚


L'auteur 






Biographie 


Nationalité : Belgique 

Né(e) à : Viersel, Zandhoven , 1988

Biographie : 



Flamande, Lize Spit a grandi à Viersel et vit à Bruxelles depuis 2005.


Après des études de cinéma au RITS (Master en écriture de scénario), elle enseigne l’écriture de scénarios au sein de l'école Wisper.

En 2013, elle remporte le prix du jury et celui des lecteurs de WriteNow !, un prestigieux concours d’écriture. Het smelt, traduit en français sous le titre Débâcle, est son premier roman.
Celui-ci ("Het smelt", éditions Das Mag, janv. 2016), s'est vendu à plus de 100 000 exemplaires et lui a valu de nombreux prix littéraires aux Pays-Bas et en Belgique. Il a été rapidement traduit en neuf langues.

Twitter : https://twitter.com/lizespit?lang=fr
son site : http://www.lizespit.be/

page Facebook : https://www.facebook.com/lize.spit 



Détails du produit

  • Broché: 420 pages
  • Editeur : Actes Sud Editions (7 février 2018)
  • Collection : ROMANS, NOUVELL
  • Langue : Français